Auguste Herbin
Séjours à Céret en 1913, 1919-20 et 1923.
Auguste Herbin commence à étudier le dessin aux Beaux-arts de Lille. Il arrive à Paris en 1901. En 1909, il loge au Bateau-Lavoir et côtoie Picasso.
Lors de son premier séjour à Céret en 1913, il peint plusieurs vues de la cité catalane. On peut reconnaître dans Paysage de Céret les arches et des détails architecturaux du pont de chemin de fer, les montagnes environnantes, le Canigou et le Tech. Herbin ne représente pas le paysage d’un point de vue unique. Les formes de la nature sont découpées rigoureusement, elles deviennent un prétexte à un certain nombre de variations géométriques, tandis que des aplats de couleurs leur donnent une connotation encore figurative.
À Céret, il peint également le Portrait de Michel Aribaud, Cérétan qui devient plus tard archiviste de la ville et l’un des premiers donateurs du musée. Paysage à Céret et Les trois arbres donnent à lire une expression particulière du cubisme qui est propre à Herbin. Il garde de son voyage en Corse, en 1909, l’impression visuelle de la couleur, cette couleur qui ne le quitte plus jusqu’à la fin de sa vie. Il travaille sur le cubisme, mais sans être suiveur. Il respecte les éléments figuratifs et surtout garde la couleur puissante et vive que Picasso réintroduit en 1913 dans ses œuvres.
L’artiste revient à Céret en 1918 pour y demeurer pendant deux ans. Sa peinture devient alors plus abstraite. Porteuse de linge catalane illustre ce moment clé où Herbin géométrise son expression, basculant du cubisme vers l’abstraction, évolution de son travail concomitante à l’émergence des mouvements constructivistes.
- 1 - Auguste Herbin en 1959, photographie Roger Caterineau, coll. particulière.
- 2 - Paysage de Céret
- 3 - Composition-Construction ou Porteuse de linge catalane (Objet monumental), 1919, huile sur toile marouflée sur panneau, 219 x 80 cm, achat avec la participation du Fonds national du Patrimoine et du FRAM LR, © Adagp, Paris, photo Townsend.
- 4 - Portrait de Michel Aribaud, 1913, huile sur toile, 55 x 46,1 cm, don de Mme Aribaud en 1934, © Adagp, Paris, photo Gibernau.