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Musée d'art moderne de Céret
Photos de l'exposition

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Sarkis
Le voyage, le soleil, l'obscurité
22 juin- 25 septembre 2002

Réduire la taille du texte  Agrandir la taille du texte  Le Musée d'art moderne de Céret organise cet été, une très importante exposition de Sarkis intitulée " Le voyage, le soleil, l'obscurité " autour de trois installations donnant à lire le discours de l'artiste.
Onze enfants de l'histoire du cinéma
Onze vêtements fluos, conçus par Sarkis et réalisés par Victor Férès dans une des salles du musée transformée en atelier de couture, sont installés sur des mannequins porteurs statiques. Ils conversent avec onze grandes images d'enfants puisées dans onze films de Chang à Aniki-Bobo ; Allemagne Année zéro ; Aparajito ; Herman Slobbe (l'enfant aveugle) ; Mouchette ; Stalker ; Yeelen ; Yaaba ; Où est la maison de mon ami ; Une vie indépendante… Et, une fois par semaine, onze enfants de Céret, troquent leurs vêtements contre ceux des mannequins et partent dans la ville à la rencontre des passants. Ils parleront, mangeront, répondront aux questions que leur intrusion soulèvera. Sarkis les pense comme un bouquet de fleurs dans un été ensoleillé.
Par cette action le musée de Céret poursuit sa démarche intéractive reliant l'intérieur du musée et le cœur de la ville.
Grands vêtements
Sarkis a conçu des grands habits de feutre, de plus de trois mètres de haut, qui préfigurent une idée d'habitat futur en forme de vêtement. Comme de puissants monolithes vivants, ils dominent la salle. La couleur qui les distingue les uns des autres est le langage articulé grâce auquel ils s'exclament ou murmurent, ils agressent ou se défendent, ils s'ouvrent ou se ferment. Au premier plan, la couche textile externe donne la coloration du langage choisi, le ton de la conversation en utilisant les contrastes chromatiques. Au milieu de l'étoffe s'ouvre une échancrure qui, derrière l'argument de l'épiderme, donne à voir l'intérieur.
Le décalage entre le bruit du tonnerre et la lumière de l'éclair, (sans-abri, sans-papier)
Sur une photographie trouvée par hasard dans une revue, plusieurs personnes, sûrement des Africains, l'un d'entre eux enveloppé d'une couverture grise incrustée d'une croix en tissu rouge, assis ou couchés derrière un matelas roulé de couleur rouge, saisis dans la nuit par un flash qui a dû claquer comme un pistolet, activé par une main indifférente…
La rencontre fortuite avec cette photographie a décidé Sarkis à faire deux films, projetés à Céret, d'environ une minute chacun, qui reprennent le motif de la croix : l'un en positif - atmosphère chaude d'après tempête, arc-en-ciel annoncé ; l'autre en négatif - verdâtre, baigne dans la froideur. Entre ces deux zones, un espace mental, l'espace de réflexion.
" Quand un orage éclate et que la foudre tombe, on voit d'abord la lumière de l'éclair et après une ou deux secondes, on entend le grondement du tonnerre : entre les deux temps, un nouvel espace s'ouvre : pour moi c'est l'espace de la création " explique Sarkis.
L'exposition se termine le 25 septembre, veille de la date anniversaire de la mort tragique en 1940 du philosophe Walter Benjamin. Sarkis travaille depuis des années sur son œuvre ; il invitera, ce jour-là, les enfants à se rendre sur sa tombe à Port-Bou.
Œuvres d'art, œuvres monumentales, quartiers urbains : ce sont des lieux entiers qu'investit Sarkis où, dans des conditions sans cesse changeantes (matériau, lumière et couleurs) est donné en spectacle un objet trouvé la veille ou une œuvre d'art. En reliant ces différents lieux, émerge un réseau énergique que ce natif d'Istanbul, aux origines arméniennes, tisse depuis trente ans d'un pays à l'autre, d'un continent à l'autre et qui, à l'instar des câbles de haute tension, forme un réticule de plus en plus dense.

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