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Musée d'art moderne de Céret
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Shirley Jaffe
Peintures 1980-1999
20 juin-17 octobre 1999

Réduire la taille du texte  Agrandir la taille du texte  En peinture comme ailleurs, Shirley Jaffe énonce sa position d’une manière critique et négative, par un mouvement de recul, en prenant de la distance. Ce refus de la facilité est une des raisons pour lesquelles cette peinture aujourd’hui nous retient si fort : elle ne cède jamais au cliché. Elle ne cherche pas non plus à se singulariser par des trouvailles. Il faut beaucoup de temps et d’obstination pour affirmer ainsi sa différence sans rupture ni coup de théâtre. [...]

[...]La richesse en formes et en couleurs exige à l’évidence du peintre un travail long et continu, qui ne peut pas être de l’ordre de la performance ou de la virtuosité mais seulement le fait d’une présence soutenue et attentive. Aucun tableau de Shirley Jaffe ne peut avoir été fait vite mais aucun, non plus, n’est alourdi de patience et d’endurance. Les valeurs nobles de la peinture des années 60-70, les pesantes valeurs de l’oeuvre d’art révélatrice de l’Etre, à la manière de Heidegger ou de Char, n’ont pas ici de pertinence : aucun drame existentiel ou métaphysique, qu’il se joue de manière paroxystique ou différée, n’a ici sa place. Toutes ces peintures ont demandé de l’attention et du soin, quelque chose comme un travail de précision, mais il serait déplacé et incongru de parler de virtuosité. La peinture, au mépris toujours des valeurs reçues, ne relève pas de l’habilité.
Les formes maintenant. En ce domaine Shirley Jaffe continue inlassablement d’inventer. Son vocabulaire de formes n’a cessé de se développer et de proliférer et on ne peut plus faire référence de manière convenue aux papiers découpés de Matisse ou à Stuart Davis. C’est devenu trop compliqué et trop foisonnant. Pour s’y retrouver, il faudrait procéder à un inventaire par types de vocabulaire. Si l’on parlait de végétation, il y aurait des palmes, des fèves, des troncs, des trèfles, des lianes. Si l’on parlait d’objets quotidiens, il y aurait des cadrans de téléphone, des cheminées d’usine, des passages pour piétons, des flèches directionnelles, des circuits de refroidissement et des sabliers. Si l’on parlait d’histoire de la peinture, il y aurait des fragments d’escargot, des découpes de chasuble, des fragments de chapelle et des plantes exotiques venues du jardin du Douanier Rousseau. A travers cet inventaire à la Foucault qu’un esprit plus inventif compléterait du point de vue du plombier, du cartographe ou on ne sait comment encore, l’on devine une ouverture de plus en plus grande aux formes les plus étranges, y compris quand elles sont maladroites ou grinçantes. Il y a chez Shirley Jaffe une invention formelle continuelle. Cette invention formelle n’est pas au service de la composition. C’est aussi évident à l’oeil que surprenant.
Toutes ses peintures sont à la fois très méditées et pas composées.
Dans la tradition occidentale, l’idée de composition a pour ancrage et justification celle d’un récit. C’est de là que nous vient le concept de peinture d’histoire, une peinture narrative composant les éléments et acteurs d’une scène : au bout du compte, la peinture veut dire quelque chose. Ce qui signifie qu’elle raconte et représente quelque chose. Dans le domaine de la peinture abstraite, la composition

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