Accueil     
Musée d'art moderne de Céret
Photos de l'exposition

Retour

Dominique Gauthier
Méditations et stylistiques du rond, figurations frontalières
Peintures 2009-2010
30 octobre 2010 - 20 février 2011

Réduire la taille du texte  Agrandir la taille du texte  Le musée d'art moderne de Céret présente les toutes dernières séries peintes ces derniers mois par Dominique Gauthier.
Ces pièces s'inscrivent dans le musée comme une véritable architecture, en utilisant pour certaines et d'une manière très spectaculaire le sol et les murs.
Près de quarante oeuvres seront données à voir, comme dans une promenade poétique, avec une résonnance toute particulière dans la sonorité du rond et dans une homogénéité de couleur. Grands formats éclatants et majestueux. Dominique Gauthier nous fait pénétrer au plus intime de son travail, au coeur même de sa réflexion philosophique, et continue son exploration dans la densité de l'hostinato.
Dominique Gauthier évoque son travail pour l’exposition de Céret par le texte suivant :
« Il s’agit de penser l’exposition comme un poème, comme une architecture (sol, mur, plafond) et de négocier un site comme si l’espace du monde se délivrait de sa propre peine.
Exposer l’espace où vivent les idées, où je les réalise et à ce moment-là dans ce principe, dans un de ceux par lesquels je dois passer, je note, je rédige à même l’activité de l’atelier des intentions et des constats afin de suggérer la possibilité d’un mode stylistique, d’une écriture, l’ouverture d’un passage.
… l’idée arrive d’écrire, de peindre un phrasé jusqu’à un certain point ; puis de basculer, autrement vers autre chose ; puis reprendre au-delà de cette modernité, sans perte, sans reste, sans ruine…
L’évènement de l’absence, le regard de l’évènement, la bouche de l’évènement, le nez de l’évènement, l’oreille de l’évènement, ainsi seraient le visage de l’évènement, de l’absence.
Le visible de l’œuvre (l’opéra) apparaît en pointillé et la fuite y crée son espace. Agir comme si la peinture était une nature, le matériau immédiat, vivant une sorte de Je hors de soi. Instance d’une nature inscrite dans du temps et réitérée par cette instance circulaire ; expérience d’une porosité, d’un fleuve, d’une pluie, d’une passe, d’une extériorité, d’une puissance, d’une intériorité, d’un sang, d’un cercle, d’un milieu et d’objets actions instrumentaux.
L’acte s’enthousiasme, l’impossible serait une question posée à la matière où le savoir faire est un savoir se faire et se défaire. Dispositifs oniriques et paradoxaux, le corps y est souvent exposé par la maîtrise de l’accidentalité, l’investissement du défaut et une certaine extravagance.
Obligations et résolutions instrumentales, installées pour produire un pont, un point de convertibilité : des objets messagers, un souffle, une pluie, une ligne, actes avancés en cercle. Se mouvoir en cercle dans une quasi immobilité ou une extrême accélération, phrasées conjuguées et soufflées dans l’inexorable pratique du réel.
Une technique, l’instrumental est une sorte de vouvoiement une distance, une politesse pouvant aller jusqu’à l’excès rhétorique, la construction d’un événement d’exubérance, et de rationalité. Une morale, une volonté, la grâce de l’instrumental : la ligne, le linéaire circulaire accomplit l’espace.
L’œuvre opère, avance un paysage, une cohérence, une analogie. A chaque boucle la continuité, à chaque anneau, la configuration mouvementée de l’émotivité et le transport tendu, tenu dans l’imparfait, tendu par la perfectibilité. Le geste se redéploie par le détour d’une ronde rapide ponctuée par de la pause, construit méticuleusement et exécuté d’un seul coup.
Ici, pourraient s’afficher les conditions d’une autre possibilité de la chaire, le Je coloré du corps, l’anneau des fluides ; la couleur y est manière ou déchet, ouverte à l’excès de ses possibilités, ouverture qui pourrait libérer le poème.
Une métrique, une structure composée d’exclamatifs, organisée de façon à ce que les débuts et les restes passent par l’actif ordonné du milieu ; le cadre, le vase, (parfois) sont le site d’une responsabilité, figures ou cathédrales.
Des exercices méthodiquement circulaires, erratiquement circulaires, il n’y a que l’hyper-matériel qui puisse réinscrire la peinture : la représentation, la dimension figurative de la pensée. »
Dominique Gauthier 2010
Je m’évade ! je m’explique. (Arthur Rimbaud)
Je m’évade ? je m’explique. (José Bergamin)
Voir son site web : www.dominiquegautier.net et Wiképédia

Retour

Musée d'art moderne de Céret    8, Bd Maréchal Joffre    66400 Céret - France    T (33) 04 68 87 27 76
www.musee-ceret.com   www.musee-ceret-expo.com
   Etablissement Public de Coopération Culturelle    © Droits de reproduction et de diffusion réservés
© Succession H. Matisse    © ADAGP, Paris 2017    © Successió Miró / ADAGP, Paris 2017
© Fondation Tàpies, Barcelone / ADAGP, Paris 2017    © Succession Picasso 2017
Crédits photographiques Tous droits réservés