Accueil     
Musée d'art moderne de Céret
Photos de l'exposition

Retour

Alain Clément
Peintures 1980-1995
20 octobre - 30 décembre 1996

Réduire la taille du texte  Agrandir la taille du texte  Alain Clément à Céret : jeux et mémoires chaotiques





Il ne s’agit pas vraiment (pas déjà…) d’une rétrospective puisque le Musée d’art moderne de Céret ne présente « que » le travail réalisé de 1980 à 1996 par Alain Clément (1941, Paris) qui accuse déjà une bonne trentaine d’années de peinture.

Toutefois cette grande exposition (tant par le nombre que par le format des œuvres) est tout à fait signifiante en ce qui concerne l’évolution de ce forcené des lignes, ce boulimique de la couleur.

Une évolution qu’il considère lui-même comme inscrite « dans la continuité et la différence » et qui se trouve particulièrement soulignée par le parti-pris de l’accrochage conçu par Josefina Matamoros, conservateur. Cette dernière, consciente qu’un parcours créatif n’est pas un long fleuve tranquille ou rectiligne, a choisi, plutôt que se cantonner dans une morne chronologie, de rapporter des œuvres d’époques différentes mais porteuses de ce que seront les suivantes ou gardant la trace de ce qu’ont été les précédentes.

D’un seul coup d’œil, ou presque, le spectateur peut donc apprécier les diverses étapes qui ont conduit Clément des « corps à corps » des années 80 traités à larges coups de brosse, aux enchevêtrements à la fois rigoureux et débridés d’aujourd’hui qu’il compare volontiers à « un jeu de Mikado, une sorte d’architecture à l’envers, un chaos qui ne tient que par son propre poids… ».

Toutes les toiles de Clément présentent une constante : « elles gardent la mémoire de mon geste » dit-il. Clément peint au sol. Parfois en dansant, parfois comme on nage dans la mer et, même si les expressions actuelles sont plus « constructivistes » que celles des années précédentes, les grandes bandes multicolores dont elles sont faites dévoilent (peut-être grâce à la souplesse, à l’onctuosité de la peinture à l’huile) l’amplitude du bras, l’effet de la main pesant ou se faisant légère sur la brosse.

Foisonnement

On pourra reprocher à Clément une certaine complaisance dans le foisonnement des couleurs. Certains l’accusent même d’être « décoratif »…il ne nie pas « un certain désir de séduction » et, invoquant la dépense physique qu’implique sa façon de travailler dit préférer « montrer la joie de peindre plutôt que la transpiration ».

nous ajouterons, pour notre part, que l’œuvre d’Alain Clément est remarquable en ce sens qu’elle est porteuse de tous les courants de l’art contemporain abstrait et n’est pas sans analogie avec les voies explorées par les précurseurs du début du siècle.

A tel point que, dans l’une des salles, Josefina Matamoros a accroché une toile d’Herbin tant elle tintait de résonances avec l’une des peintures de Clément.

Un « clin d’œil » au spectateur qui n’est pas pour déplaire à Alain Clément qui estime que « l’une des composantes de l’identité du musée de Céret est le rapport de ses collections avec le monde qui l’entoure. »



Joël METTAY

Retour

Musée d'art moderne de Céret    8, Bd Maréchal Joffre    66400 Céret - France    T (33) 04 68 87 27 76
www.musee-ceret.com   www.musee-ceret-expo.com
   Etablissement Public de Coopération Culturelle    © Droits de reproduction et de diffusion réservés
© Succession H. Matisse    © ADAGP, Paris 2017    © Successió Miró / ADAGP, Paris 2017
© Fondation Tàpies, Barcelone / ADAGP, Paris 2017    © Succession Picasso 2017
Crédits photographiques Tous droits réservés