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Musée d'art moderne de Céret   (Retour)
Claude Viallat
Claude Viallat
Né en 1936, vit et travaille à Nîmes

Claude Viallat

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Depuis 1966, date à laquelle Viallat participe à l’organisation de l’exposition Impact I, il a gardé des liens privilégiés avec le Musée de Céret en pratiquant régulièrement des donations. Le Musée possède aujourd’hui près de 70 pièces représentatives de l’évolution du travail de cet artiste. Là aussi, il rejoint par sa générosité Picasso ou Matisse qui avaient contribué par des dons importants à l’existence du Musée de Céret.

Dans la tradition occidentale, la peinture est d’abord un objet, toile tendue sur châssis, apprêtée et recouverte d’un pigment, elle est avant tout prise en compte pour les images et les symboles qu’elle véhicule, c’est une représentation à deux dimensions. Le tableau est le lieu d’une mise en scène. Les préoccupations sur le support sont le début d’une histoire matérialiste de la peinture, qui prend en compte ses composants et non plus l’image qu’elle propose.

En France, au milieu des années 60, une jeune génération de peintres, ceux du groupe BMPT et ceux de l’Ecole de Nice, ouvre la voie d’une nouvelle pratique de la peinture. Puis, le groupe Supports-Surfaces auquel participe activement Viallat, aura un impact important sur la création artistique dans les années 70. Ces artistes posent les problèmes du support sans châssis, de la figure et du fond, de la répétition du motif, de la neutralité de la forme, ainsi que du statut de l’œuvre d’art.

Depuis trente ans, Viallat explore la même voie : « Mon travail je ne le conçois pas comme progressant dans le temps linéairement. Il se développe en spirale à partir d’un noyau et différents problèmes se retrouvent donc à des moments différents du temps et de l’espace… Il n’y a pas depuis 1966 de progression dans mon travail…C’est la même chose qui tourne autour de son axe, élargissant sans cesse son cercle ».

Le choix de la forme : une empreinte, et sa répétition, permet la réduction du vocabulaire pictural au profit de l’expansion de la couleur, un marquage systématique de la toile comme possession de l’espace pictural sans hiérarchisation de la composition.

La nature physique du support est prise en compte : toile libérée de son châssis, froissée, pliée, exposée à la pluie ou au soleil…

Les supports sont récupérés ou détournés de leur fonction initiale : draps, chemises, parasols, parapluies, toiles de tentes, fonds de fauteuils, rideaux… et leurs caractéristiques agissent dans l’œuvre doublures de rideaux, ruflettes, etc…

La couleur en tant que telle est considérée comme indissociable du support et est utilisée dans ses différentes matérialités : fluide, pâteuse, poudreuse, etc… ou s’adapte à celle que lui confère le support : texture lâche ou dense, plus ou moins capillaire.

Il produit aussi d’autres formes d’œuvres, faites de cordes nouées et assemblant des bouts de bois flottés ramassés sur les plages et dans les ports, qui mettent en valeur une approche artisanale et la rusticité des matériaux avec l’utilisation d’objets récupérés sa démarche artistique échappe ainsi à toute sacralisation. Ces objets ne sont que les témoins d’expériences matérielles.

La relation objet/peinture reste étroite : « La toile a été et est toujours très objet…Quand je mets une toile au mur, c’est autant un objet physique qu’un objet spirituel. C’est la chair du textile qui a pour moi de l’importance ».

En 1972, Claude Viallat sera très impressionné par l’art indigène américain lors de sa visite du Musée d’Histoire Naturelle de New York. Boucliers de guerre des Indiens des Plaines, sacs à bandoulières, huttes peintes et démontables, objets en bois et corde, légers donc transportables, techniques de décorations typiques comme les franges en cuir, plumes tombantes… Autant d’expressions plastiques d’un art « nomade » qui révèlent de grandes affinités avec les installations de Supports-Surfaces.

Ces objets du quotidien indien dialoguent avec ceux de Viallat mais aussi avec ses toiles ; il évoque ainsi le bouclier de guerre : « support de peinture, de culture et d’histoire » auquel on ne peut s’empêcher de penser face à « Fond de scourtin à olives » .

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