Accueil     
Musée d'art moderne de Céret   (Retour)
Toni Grand
Toni Grand
Gallargues-le-Montueux (France) 1935-2005

Toni Grand

Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte

Né dans le Gard, Toni Grand commence des études littéraires et passe par l’école des Beaux-arts de Montpellier. A vingt ans, il choisit la sculpture. Il commence par travailler le plomb, le polyester, l’acier, la fonte… Il réalise sa première exposition à la Biennale de Paris en 1967.

Après avoir découvert le mouvement Supports-Surfaces en 1968, il entreprend à partir de 1970 « une lecture deconstructrice » de la sculpture traditionnelle, des matériaux et des gestes du sculpteur. Il utilise les bois taillés, la résine et plus tard la pierre et les ossements d’animaux. L’œuvre de Toni Grand s’oppose à la sculpture traditionnelle et à ses fonctions habituelles de représentation, symbolisme et métaphore, au socle, à la composition et au matériau noble. Il travaille tout d’abord avec des matériaux grossiers, il met en évidence les usages du matériau et non ses qualités. Avec ses supports élémentaires, racines, branches, troncs, il explore toutes les possibilités d’intervention : débiter, équarrir, couper, fendre, abouter, associer.

La sculpture de Toni Grand se caractérise par son économie de moyens et son dépouillement. Le bois sera surtout utilisé de 1969 à 1975. Les premières pièces réalisées en bois mettent en opposition les parties travaillées et les parties laissées à l’état brut. Elles sont le plus souvent apposées contre le mur, les troncs aux refentes partielles ou totales présentent plusieurs côtés dont chacun peut être considéré comme une face : « aucune des faces de ces pièces n’était privilégiée, ni aucune relation à l’espace environnant. ». Ces pièces ont conquis leur autonomie. Les formes tendent à une géométrisation parfaite mais qui reste toujours perturbée car assujettie à la forme naturelle préalable du matériau. D’où les contradictions présentes, jamais résolues.

"Ligne courbe fermée"
A la fin des années 70 la résine prend une part de plus en plus importante dans son travail : alliée à la pierre, au bois, puis à la matière organique avec les poissons.

"Sans titre" s’arc-boute pour former un volume, elle remplit ainsi l’espace en même temps qu’elle l’étreint. La plupart des pièces de Toni Grand tentent cette homogénéisation de matériaux étrangers l’un à l’autre. Ici la résine redonne lumière et couleurs à l’œuvre mais produit aussi un effet épidermique. La couche colorée résulte-t-elle d’un écorchage à vif mettant à nu l’énergie musculaire de la courbe, camoufle-t-elle en la caparaçonnant la forme initiale et l’intégrité de la branche ou fait-elle office d’attelle face à l’équilibre incertain de l’œuvre ? Chacun des éléments joue alternativement le rôle du cadre.

Un des éléments moteurs du Musée d’art moderne de Céret est le travail et le dialogue constant qui s’établit avec les artistes contemporains. L’expérience présentée ici, à savoir la création d’une œuvre majeure, par un artiste important du XXème siècle, réalisée spécifiquement pour l’espace du musée vient enrichir les collections et découle en droite ligne de l’intervention directe des artistes qui ont séjourné à Céret au début du siècle.

La collection d’art contemporain se construit comme celle d’art historique par des acquisitions, des donations, des dépôts d’Etat ou par des dons. Cependant, il a semblé logique de faire participer les artistes eux-mêmes à la constitution de la collection pour certaines pièces, c’est le cas de l’œuvre suivante :

"Du simple au double" se présente en 17 éléments de forme identique, des cylindres dont la taille va de 70 cm à 140 cm. Le volume de chaque pièce est déterminé par l’élément de base, un poisson dont l’identité disparaît dans les incrustations de la résine. La simplicité structurelle de l’œuvre repose sur la singularité des éléments constitutifs.

Le congre devient une partie de cette composition constituée de formes géométriques, qui ne sont pas parfaites et précises Le poisson détermine la dimension des cylindres tant au niveau de la longueur que dans le diamètre. La forme géométrique conserve donc l’authentique, le vrai, l’organique et l’anorganique, l’inclusion longitudinale du poisson leste la pièce et la stabilise. Le parfait et l’irrégulier s’unissent pour former une identité nouvelle.

La disposition des cylindres indique une multitude de directions qui s’entrecoupent les unes les autres, apparemment aléatoires et nous invite au mouvement. Le spectateur doit circuler entre les éléments et de ce fait, il peut devenir aussi acteur ou du moins actif dans sa découverte.

L’œuvre de Toni Grand se trouve à la jonction de deux questions : d’un côté la question de la relation entre la structure (ordre logique, mesure, répétition, transparence) et le hasard (chaos, spontanéité, imprévisibilité, secret). Et de l’autre, le lien entre fiction et réalité entre la construction spirituelle et l’objet concret, réel.

Musée d'art moderne de Céret    8, Bd Maréchal Joffre    66400 Céret - France    T (33) 04 68 87 27 76
www.musee-ceret.com    Etablissement Public de Coopération Culturelle    © Droits de reproduction et de diffusion réservés
© Succession H. Matisse    © ADAGP, Paris 2017    © Successió Miró / ADAGP, Paris 2017
© Fondation Tàpies, Barcelone / ADAGP, Paris 2017    © Succession Picasso 2017
Crédits photographiques Tous droits réservés