


Né à Banyuls, il quitte son pays natal pour Paris où il étudie aux Beaux-arts et à l'Ecole des Arts Décoratifs. Son apprentissage passe par le dessin, la peinture puis il se tourne vers la tapisserie et ouvre un atelier à Banyuls. Une maladie des yeux vient lui interdire le travail du tissage. C'est alors qu'il trouve sa vraie vocation : la sculpture.
Dès cette révélation, il se rend maître de son style très rapidement : volumes massifs, abolition du mouvement (qui mènera l’art statuaire vers l’abstraction et le modernisme), simplicité dénuée de tout attribut symbolique, ordonnance architecturale pour une expression synthétique. « Je cherche l’architecture et les volumes » dit Maillol, « la sculpture, c’est de l’architecture, l’équilibre des masses ». Un seul thème, un seul champ d’inspiration occupera son esprit : le corps de la femme. Appréciant les arts primitifs, qui permettront à l’ensemble de l’art moderne de se réinventer, il a étudié la sculpture khmer, l’art égyptien dont la fixité des corps le fascine. Enfin, il admire la sculpture classique grecque, l’œuvre de Phidias surtout, dont on retrouve chez Maillol la recherche d’une harmonie idéale, d’une beauté ordonnée, expression d’un équilibre sensuel et passif.
Après la guerre, la ville de Céret décide la construction d'un monument aux morts; dans la ville la présence de nombreux artistes avait éduqué le goût et inspiré le respect de l'œuvre d'art. Un comité d'organisation choisit Maillol pour réaliser cet édifice. L'artiste choisit de commémorer le souvenir de la guerre par le biais de ses victimes, et s'inspire de la statuaire funéraire.
Le monument est élevé en 1922. Il représente sous les traits d'une femme assise, l'allégorie de la douleur. Cette femme puissante, dans une attitude de prostration, vêtue d'habits rustiques avec plis en tuyaux d'orgues renvoie à l'idée de soutien nécessaire. Au travers de nombreux dessins de l'avant-projet conservés au musée, nous découvrons toutes les positions que l'artiste a successivement imaginées pour la figure, afin d'aboutir à celle qui était la plus adaptée pour la représentation de la douleur.
Maillol a également réalisé les monuments aux morts d'Elne, Port-Vendres et Banyuls. Son propre tombeau, surmonté de la sculpture « La Pensée », se trouve au Mas de la Roume, dans sa ferme atelier à Banyuls.
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