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Musée d'art moderne de Céret   (Retour)

François Mezzapelle | Tunis (Tunisie) 1955

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François Mezzapelle entre aux Beaux-arts de Marseille-Luminy au début des années 80 alors même que l’influence de Supports-Surfaces commence à y décroître. La nouvelle génération ne se démarquera pas de la leçon d’aînés tels que Claude Viallat ou Toni Grand par le combat ou le militantisme, leçon des années 70, mais plutôt par inflexion, déplacement, face au formalisme ambiant. « Mezzapelle séduit par sa façon de remettre en cause certains préjugés, sans pour autant se livrer à des déclarations ou à des manifestes qui en institueraient d’autres ».



Mais c’est surtout lors de son séjour à Londres entre 1981 et 1982 au Royal College, Section Sculpture, que Mezzapelle transforme à sa manière cet héritage. La jeune sculpture anglaise rouvre la voie de l’impertinence, de l’exubérance et de la diversité tout en valorisant un retour à la figure.



« Mezzapelle a observé tout cela. Il a respiré pendant un an ce qui a dû représenter pour lui un air de liberté. Il a été sensible à cette ironie particulière qui consiste à amener des problèmes plastiques sérieux à travers des moyens comiques. Il a considéré que c’était le véritable ton de son époque, d’autant plus que cette ironie n’était nullement une façon de se retrancher d’une situation ou de se croire au-dessus. L’ironie de Mezzapelle est relative. Elle ne frôle jamais le ricanement ou le sarcasme. C’est une inflexion malicieuse et irrésolue. Le ridicule est regardé avec une sorte d’attendrissement, le sien propre comme celui des autres. » Frédéric Valabrègue



Sa démarche de sculpteur explore un bestiaire fantastique où des personnages de résine de polyester et de plâtre arborent becs, trompes ou couvre-chefs, procédant d’une métamorphose amalgamant formes zoomorphiques et anthropomorphiques. Les « bestioles » de Mezzapelle sont tout à la fois improbables et plausibles, corrosives et narquoises et le travail de l’artiste est toujours très ironique, dans l’esprit des caricatures de Daumier au XIXème siècle. Ces personnages aux morphologies composites évoluent souvent en groupes, formant une sorte de famille ou de petite société, profitant parfois de leur nombre pour instaurer un rapport de force avec le spectateur.



Les Zélateurs acerés, personnages à histoires qui ne seront jamais racontées, évoquent par leurs couleurs vives une production industrielle de « jouets fétiches » dont notre société est friande, et pourtant la génétique semble s’être affolée et l’incongru s’insinue dans ces silhouettes à la fois familières et décalées. « Nous sommes dans un monde de l’attraction, le monde de Disneyland. Et on pourrait être tenté de me placer carrément sur ce terrain-là qui ne m’intéresse pas du tout », François Mezzapelle.

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