Accueil     
Musée d'art moderne de Céret   (Retour)
Henri Matisse
Henri Matisse
Cateau-Cambrésis (France) 1869 - Nice (France) 1954

Henri Matisse

Réduire la taille du texte Augmenter la taille du texte

Séjours à Collioure en 1905, 1906, 1907, 1911, 1914.

Matisse arrive par le train dans le petit port de pêche le 16 mai 1905. Installé à l’ « Hôtel de la Gare », il sera bientôt rejoint par son épouse Amélie et leurs deux garçons. Matisse loue une chambre qui lui sert d’atelier au Port d’Avall. Sur place il se lie d’amitié avec le peintre roussillonnais Etienne Terrus qui le présentera aux autres artistes catalans comme Maillol, Bausil, Codet. Matisse retrouve aussi Georges Daniel de Montfreid, ami de Gauguin et déjà rencontré à Paris. C’est chez ce dernier qu’il découvrira les bois sculptés primitifs envoyés en 1901 par Gauguin à son ami.

A l’invitation de Matisse, Derain le rejoint le 5 juillet 1905. Pendant prés de deux mois ils vont travailler ensemble, confrontant leurs points de vue, partageant leurs réflexions. Ils peignent les mêmes sites de Collioure mais jamais sous le même angle ni ensemble : le Voramar, le Port d’Avall, la plage Saint Vincent, le Morer – quartier des pêcheurs-, les criques de l’Olla et de Portells, le Racó... Parfois chez Matisse la touche pointilliste refait une apparition, les peintures ont des formats plutôt petits. Derain semble se lancer plus vaillamment dans les aplats fauves et sur des toiles plus grandes.

Lors de ce premier séjour Matisse a surtout réalisé des dessins et des aquarelles qui seront autant de notes prises sur le vif. De nombreux croquis et aquarelles sont inspirés par les activités quotidiennes des villageois et par les paysages environnants baignés d’une lumière très particulière. Parmi les quelques tableaux peints à Collioure en 1905, deux dénoteront d’une nouvelle phase dans le travail de l’artiste : « Fenêtre ouverte » et « Femme à la fenêtre », plus conceptuelles, résolument tournées vers les grands aplats de couleur pure et aux ombres plus tranchées. Puis c’est « La Plage rouge » à la couleur intense. Matisse commente ainsi cette œuvre : « Vous vous étonnez sans doute de voir une plage de cette couleur, en réalité elle était sable jaune, je me rendis compte que je l’avais peinte en rouge, le lendemain j’essayais avec du jaune. Ca n’allait plus du tout, c’est pourquoi j’ai remis du rouge ». Enfin, peints d’après croquis à Paris fin 1905, « Le Port d’Avall » qui rompt définitivement avec la touche divisionniste, et le très célèbre « Bonheur de vivre » inspiré par la propriété d’un habitant de la colline au dessus de l’Olla.

A leur retour Matisse présentera « La femme au chapeau » au Salon d’Automne qui fait scandale. Au cours des mois suivants il commence à avoir ses propres collectionneurs comme Leo et Gertrude Stein. Les toiles de Derain seront achetées par le marchand Ambroise Vollard dès l’automne. Leur renommée est faite et le Fauvisme est né.

En mai 1906 Matisse est de retour à Collioure après un voyage en Algérie. Durant ce séjour il peint la série des Moulades. La touche pointilliste a disparu, les peintures sont de petits formats et les couleurs pures. Des natures mortes aux tapis ramenés d’Alger et des portraits de sa fille Marguerite voient le jour, ainsi que « Le jeune marin I et II ». Les Matisse restent à Collioure jusqu’en septembre 1907. Entre 1907 et 1911 Matisse peint, entre autres, « Le Luxe I » et « Le Luxe II », « Intérieur aux origines ». Enfin lors du dernier et bref séjour de septembre 1914 il peint « Porte fenêtre à Collioure » où le noir est introduit pour la première fois comme une couleur pouvant produire de la lumière.

Aujourd’hui les toiles peintes par Matisse à Collioure sont présentées dans les plus grands musées du monde. Il a sublimé et rendu immortel le clocher de Collioure. Le contact de Matisse et Derain avec cette luminosité, qui exacerbe la vivacité des couleurs, a abouti à la création d’un nouveau langage pictural fondé sur une construction non plus pointilliste mais en aplats de couleurs pures sans dégradés, où un dessin linéaire exclut ombres et modelés. Le fauvisme fait voler en éclats le postulat souscrit par la peinture de la Renaissance : le tableau comme un miroir du monde, représentation d’un spectacle où les effets comptaient et non le faire, où la main de l’artiste était gommée.

C’est pour répondre à l’appel de Pierre Brune et de Frank Burty Haviland pour la création du Musée d’art moderne en 1950, que Matisse offrira quatorze dessins datant de son premier séjour à Collioure. Raccommodeuses de filets, barques catalanes et cabestans serviront de modèles pour plusieurs toiles dont « Le Port d’Avall ».

Musée d'art moderne de Céret    8, Bd Maréchal Joffre    66400 Céret - France    T (33) 04 68 87 27 76
www.musee-ceret.com    Etablissement Public de Coopération Culturelle    © Droits de reproduction et de diffusion réservés
© Succession H. Matisse    © ADAGP, Paris 2017    © Successió Miró / ADAGP, Paris 2017
© Fondation Tàpies, Barcelone / ADAGP, Paris 2017    © Succession Picasso 2017
Crédits photographiques Tous droits réservés